Dakar, 08 Mai (SL-INFO) – Le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, est revenu sur la décision du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, de demander une seconde lecture de la loi modifiant le Code électoral. Cette mesure exceptionnelle fait suite à la découverte de deux versions divergentes du texte adopté par les députés le 28 avril 2026. Face à la polémique, El Malick Ndiaye plaide l’« erreur matérielle ».

Le quiproquo des deux textes transmis à la Présidence

Selon le président de l’hémicycle, le chef de l’État a officiellement saisi le Parlement sur la base de l’article 73 de la Constitution. Dans son message, Bassirou Diomaye Faye explique avoir reçu « deux versions différentes du texte de loi » concernant la modification des articles 29 et 30 du Code électoral.

Cette confusion, également relayée par certains députés dans la presse, a poussé le président de la République à exiger une nouvelle délibération pour garantir la sécurité juridique du texte avant sa signature.

« Une erreur matérielle » des services législatifs

Tentant de rassurer l’opinion, El Malick Ndiaye a précisé l’origine du problème : « Après le vote, les services législatifs se sont rendu compte qu’une partie de l’amendement adopté en commission comportait une erreur matérielle. » Les services compétents ont alors tenté de corriger le tir pour établir la version finale, créant ainsi un doublon administratif.

Le président de l’Assemblée affirme avoir personnellement échangé avec le chef de l’État pour clarifier la situation et convenir d’une nouvelle transmission conforme.

Une procédure d’urgence pour débloquer la loi

El Malick Ndiaye a insisté sur la légalité de cette seconde lecture, qui nécessite une majorité des trois cinquièmes des députés. Cette saisine suspend automatiquement le délai de promulgation.

Pour éviter que le processus ne s’enlise, la procédure d’urgence a été activée : le temps d’examen passe de huit à quatre jours. El Malick Ndiaye assure que la loi sera promulguée « dans la même semaine ».

Si le président de l’Assemblée nationale tente de minimiser l’incident, cette affaire de « double version » soulève de sérieuses interrogations sur la rigueur de la chaîne de validation législative au Sénégal et risque d’offrir une tribune de choix à l’opposition.

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