Dakar,08 Mai (SL-INFO) – Alliée affichée de Donald Trump en Europe, Giorgia Meloni reçoit pourtant Marco Rubio dans un climat de crispation entre Rome et Washington. La visite du secrétaire d’État américain en Italie intervient alors que la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, mais aussi les propos de Trump sur le pape Léon, ont tendu les échanges entre les deux capitales.

Marco Rubio est arrivé vendredi à Rome pour une visite de deux jours. Avant son entretien avec la cheffe du gouvernement italien, il a rencontré le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani, qui a qualifié les discussions de constructives et déclaré : « Je suis convaincu que l’Europe a besoin de l’Amérique, l’Italie a besoin de l’Amérique, mais les États-Unis ont aussi besoin de l’Europe et de l’Italie. »

Les discussions entre Meloni et Rubio devaient porter sur la situation dans le Golfe, la guerre de la Russie en Ukraine, les droits de douane américains sur les produits européens et l’approche de Washington envers Cuba, écrivait Al Jazeera en rapportant l’agenda de cette rencontre. Les autorités italiennes cherchent aussi des éclaircissements sur la réunion de Rubio au Vatican.

Cette séquence intervient après les récentes déclarations de Donald Trump sur le pape Léon, qui ont suscité un retour de bâton dans ce pays majoritairement catholique. Giorgia Meloni a jugé ces propos « inacceptables », tandis que Marco Rubio a affirmé vendredi que sa rencontre avec le souverain pontife avait été « très positive ».

Les tensions se sont aussi renforcées autour de l’Iran. Le mois dernier, Rome a refusé d’autoriser l’utilisation par des avions américains de la base aérienne de Sigonella, en Sicile, pour des opérations de combat liées à la guerre, des responsables expliquant que la demande n’avait pas été formellement approuvée.

Donald Trump a critiqué la position de Meloni, l’accusant de manquer de fermeté et avertissant que les États-Unis pourraient reconsidérer leur présence militaire en Italie. Meloni a dit qu’elle ne soutiendrait pas une telle décision, tout en reconnaissant que tout choix sur le déploiement de troupes américaines relève en dernier ressort de Washington.

Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a pour sa part averti que le conflit risquait de fragiliser le leadership mondial des États-Unis et a évoqué le risque d’une escalade nucléaire. Cette dispute survient à un moment politique sensible pour Giorgia Meloni, alors que des analystes estiment que sa proximité avec Trump pourrait devenir un handicap avant les élections nationales prévues l’an prochain, sur fond d’opposition croissante à la guerre.

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