Dakar, 08 juil (SL-INFO) –  La protection des mineurs en ligne nécessite une approche concertée alliant régulation, éducation numérique et responsabilisation, ont préconisé, mercredi, à Dakar, des acteurs de la protection de l’enfance et des responsables de plateformes numériques.

“Il n’existe pas de modèle universel en matière de protection des mineurs en ligne. Chaque pays doit élaborer un dispositif adapté à sa réalité sociale, culturelle et aux défis spécifiques auxquels sont confrontés les jeunes utilisateurs des plateformes numériques”, a déclaré Balkissa Ide Siddo, directrice régionale de Meta.

Elle prenait part à une journée d’échanges consacrée à la protection des enfants sur Internet, portant sur le thème “Pour un environnement numérique sûr et bienveillant”.

Selon Mme Siddo, plusieurs pays, dont l’Australie, le Royaume-Uni, les États membres de l’Union européenne, de même que le Gabon, expérimentent différentes formes de régulation dans ce domaine.

Le Sénégal, où le numérique occupe une place croissante dans l’économie, l’éducation et la vie sociale, doit définir sa propre approche, a indiqué la responsable de Meta, qui a déjà déployé “plusieurs dispositifs de protection des adolescents”.

Elle a cité notamment les comptes dédiés aux mineurs, les outils de supervision parentale et les systèmes de vérification de l’âge reposant sur l’intelligence artificielle.

Balkissa Ide Siddo a toutefois prévenu contre les effets potentiellement contre-productifs d’une interdiction totale de l’accès des mineurs aux réseaux sociaux.

Une telle mesure pourrait inciter les jeunes à contourner les restrictions en utilisant des comptes alternatifs, des réseaux privés virtuels (VPN) ou en se tournant vers des plateformes moins réglementées, où les mécanismes de protection sont plus faibles, a-t-elle expliqué.

Balkissa Ide Siddo estime, sous ce rapport, que “l’objectif doit être de construire un environnement numérique sécurisé et adapté à chaque tranche d’âge”, sans créer une fracture numérique susceptible de freiner les ambitions du Sénégal en matière de transformation digitale.

Elle a également plaidé pour une harmonisation régionale des cadres réglementaires, estimant que des règles convergentes à l’échelle africaine faciliteraient leur mise en œuvre par les plateformes numériques.

Le numérique offre aux enfants des opportunités inédites d’apprentissage, de communication, de créativité et d’ouverture sur le monde, tout en les exposant à de nouveaux risques, souligne de con côté Astou Fall, représentant la ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités.

Elle a évoqué “le cyberharcèlement, les violences sexuelles en ligne, l’exploitation des mineurs, les contenus inappropriés, les atteintes à la vie privée ainsi que la diffusion non consentie de données personnelles”.

A en croire Mme Fall, conseillère technique au ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, protéger les enfants dans l’environnement numérique constitue désormais “une exigence morale, une obligation juridique et un impératif de développement”.

Elle a insisté sur le fait que la sécurité numérique des enfants repose sur une responsabilité collective impliquant l’État, les plateformes numériques, les autorités de régulation, les opérateurs de télécommunications, les établissements scolaires, les parents, les organisations communautaires et les partenaires techniques.

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