Dakar, 20 août (SL-INFO) – Donald Trump a annoncé mercredi qu’il rencontrerait cette année le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, alors que dans le même temps les exercices militaires conjoints lancés lundi par Séoul et Washington ont été écourtés, à sa demande.
Ces manoeuvres, qui ont commencé lundi, ont vu leur durée réduite de six jours, le Pentagone assurant toutefois préserver les « objectifs » militaires américains.
« Oui, je le rencontrerai », a répondu le président américain, interrogé à propos d’une éventuelle entrevue avec Kim Jong Un avant la fin de l’année, alors qu’il faisait visiter des chantiers en cours à la Maison Blanche à quelques journalistes.
Cette rencontre, qui serait la quatrième entre les deux hommes, pourrait selon plusieurs observateurs avoir lieu en novembre en marge du sommet de l’Apec (Coopération économique de l’Asie-Pacifique) en Chine.
Depuis son premier mandat (2017-2021), Donald Trump se targue d’avoir une relation privilégiée avec Kim Jong Un, dont le pays est considéré comme une menace majeure pour la sécurité des Etats-Unis par le renseignement américain.
Cette relation est revenue sur le devant de la scène quand le président américain a décidé dimanche d’écourter des exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud.
Il a jugé mercredi que ces manœuvres étaient « très insultantes pour quelqu’un qui, franchement, en tous cas pendant mon mandat, s’est très bien conduit. »
– Sans intérêt –
Kim Yo Jong, sœur influente du leader nord-coréen, a affirmé mercredi qu’elle n’était « pas du tout au courant » d’une quelconque communication entre son frère et Donald Trump.
Tout en soulignant que les relations entre eux restaient « excellentes », elle a ajouté que la décision de Donald Trump concernant ces exercices « ne mérite pas d’être commentée » et qu’elle est « dénuée d’intérêt », selon un communiqué.
Donald Trump a aussi livré mercredi une estimation officielle inhabituelle et très précise de l’arsenal nucléaire nord-coréen, estimant que le pays était doté de « 57 armes nucléaires ».
« Cela n’aurait jamais dû arriver. (…) Si j’avais été président, je ne l’aurais pas permis », a ajouté le dirigeant républicain.
La Corée du Nord n’est pas reconnue officiellement comme une puissance nucléaire par les Etats-Unis.
Le ministre sud-coréen de la Défense Ahn Gyu-back a précisé jeudi devant le Parlement que Séoul estimait le nombre d’armes nucléaires possédées par le Nord « à environ 80 à 120 ».
L’armée sud-coréenne a précisé que les exercices avec les forces américaines, prévus initialement jusqu’au 27 août, se termineraient dès vendredi.
Ce changement de posture constitue un revers de taille pour Séoul, allié historique des Etats-Unis. Un responsable militaire sud-coréen a reconnu auprès de l’AFP que cette décision était « inhabituelle ».
– Condition préalable –
Dans un communiqué, l’état-major interarmées sud-coréen a annoncé « ajuster la durée de l’exercice UFS » (Ulchi Freedom Shield) à la suite d’une « suggestion de la partie américaine ».
Le ministre des Affaires étrangères sud-coréen Cho Hyun a expliqué devant le Parlement mercredi que Séoul n’avait pas été prévenu au préalable de la décision d’écourter les exercices.
Les Etats-Unis entretiennent un contingent de 28.500 militaires en Corée du Sud, un de leurs principaux déploiements en Asie.
Une partie d’entre eux devait être mobilisée au côté de 18.000 militaires sud-coréens pour ces exercices.
« La suspension des exercices conjoints a toujours été une condition préalable pour que la Corée du Nord s’engage dans un dialogue avec les Etats-Unis », observe pour l’AFP Park Won-gon, professeur à l’université Ewha.
Aussi, cette « réduction pourrait avoir un impact positif » en ce sens, estime-t-il.
– Chine –
Mercredi, l’agence officielle nord-coréenne KCNA a répété que les manoeuvres « posent la menace la plus immédiate et la plus franche » à la Corée du Nord, pays fermé qui est techniquement toujours en guerre avec le Sud.
Les deux parties de la péninsule n’ont pas signé de traité de paix à l’issue de leur conflit de 1950-1953.
Pyongyang avait procédé à des essais de missiles à l’approche de ces opérations.
Dans ce contexte, la Chine, un des principaux alliés de Pyongyang, a confirmé mercredi que son ministre des Affaires étrangères Wang Yi se rendrait mercredi à Séoul pour y rencontrer le président Lee.
Pékin a par le passé régulièrement affiché sa volonté de tempérer son allié nord-coréen, mais Pyongyang joue de plus en plus de ses liens renforcés avec Moscou, selon les observateurs.
