Dakar, 18 sept (SL-INFO) – Au moins 14 personnes ont été tuées et au moins 10 autres enlevées par un groupe armé lundi dans le centre de l’Ethiopie, ont déclaré vendredi à l’AFP l’ONG spécialisée dans l’analyse des conflits armés Acled et un témoin.

Les deux Etats régionaux les plus peuplées d’Ethiopie, l’Oromia et l’Amhara, sont en proie à des groupes armés qui s’opposent aux forces fédérales.

Des conflits armés de plus ou moins grande intensité, aux dynamiques et revendications diverses, se déroulent également dans d’autres Etats régionaux de cet immense pays d’Afrique de l’Est, le deuxième le plus peuplé du continent avec quelque 130 millions d’habitants.

Lundi vers 15H00 (12H00 GMT), un groupe armé se revendiquant des milices « d’autodéfense » de l’ethnie amhara Fano « a attaqué la localité de Walga », dans l’Etat régional d’Ethiopie centrale, située à environ 150 kilomètres au sud-est de la capitale Addis Abeba, a affirmé Jalale Getachew Birru, analyste d’Acled. « Cette attaque a fait entre 14 et 17 morts et plus de 10 personnes (ont été) enlevées », a-t-elle poursuivi.

« Les attaques menées par ce groupe sont fréquentes dans cette zone frontalière (de l’Etat régional voisin d’Oromia) et s’accompagnent souvent d’exigences de fortes rançons pour la libération des otages », a expliqué Mme Jalale.

Selon l’analyste, ce groupe armé se livre essentiellement à des activités criminelles et n’est pas reconnu par la direction des Fano, milices populaires traditionnelles qui ont pris les armes contre le gouvernement fédéral éthiopien en avril 2023. Les Fano, jusqu’à récemment un ensemble de groupes largement autonomes sans véritable commandement central, se sont regroupés ces derniers mois.

Selon un habitant de la localité attaquée, qui a requis l’anonymat, « 16 personnes ont été tuées ». « Environ 16 femmes et enfants sont toujours entre les mains de leurs ravisseurs », a-t-il poursuivi auprès de l’AFP, affirmant que ces derniers réclamaient des rançons allant de 150.000 à 800.000 birr (entre 800 et 4.270 euros), des sommes considérables en Ethiopie.

Plusieurs régions d’Ethiopie sont le théâtre de vagues d’enlèvements à des fins de rançons. Selon les observateurs, le phénomène a pris de l’ampleur depuis fin 2022.

En septembre 2024, la Commission éthiopienne des droits humains (EHRC), institution publique administrativement indépendante, avait alerté sur l’augmentation de ces enlèvements menés par « des bandes organisées », mais aussi par « certains membres des forces de sécurité gouvernementales ».

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