Dakar, 31 août (SL-INFO) – La Plateforme de l’alliance inclusive–Terra Ranka (PAI-TR) et l’Alliance patriotique inclusive–Cabaz Garandi (API-CG) rejettent catégoriquement le référendum constitutionnel du 30 août 2026. Dans une déclaration commune, elles dénoncent une consultation « illégitime » marquée par une participation jugée insignifiante et appellent à l’ouverture urgente d’un dialogue inclusif pour restaurer l’ordre constitutionnel.
Le verdict de l’opposition est sans appel : le référendum convoqué par les autorités de transition est un « échec politique et institutionnel ».
Signée par António Samba Baldé pour la PAI-TR et Jorge Fernandes pour l’API-CG, la déclaration commune accuse le Conseil national de transition d’avoir organisé une consultation « contre la volonté du peuple » et en violation des principes démocratiques.
Les deux plateformes rappellent qu’elles avaient appelé au boycott du scrutin, dénonçant l’absence de légitimité des autorités, les restrictions imposées aux libertés publiques, l’exclusion des partis politiques et des organisations de la société civile ainsi que l’impossibilité d’un contrôle indépendant.
Selon elles, la faible participation électorale observée dans toutes les régions du pays confirme le rejet populaire du processus. « Le boycott doit être compris comme une manifestation de conscience civique et politique », souligne le communiqué, ajoutant que l’avenir constitutionnel de la Guinée-Bissau ne peut être décidé par un cercle restreint ni légitimé par un processus unilatéral.
Les plateformes tirent trois conclusions majeures :
Le rejet des réformes : la faible participation traduit un refus des changements imposés par le régime ; la nécessité d’un consensus : la Constitution doit résulter d’une entente nationale et non d’une volonté unilatérale ; la responsabilité des institutions : les organes de transition doivent tirer les leçons de cet échec et renoncer aux initiatives vouées à l’impasse.
Le PAI-TR et l’API-CG affirment ne pas reconnaître la légitimité d’un processus qui ne réunit pas les conditions politiques nécessaires à la construction d’un consensus national. Elles avertissent que l’imposition de la nouvelle Constitution à une population majoritairement opposée pourrait aggraver la crise politique et institutionnelle.
Dans un appel solennel, elles exhortent les acteurs nationaux à placer les intérêts supérieurs de la nation au-dessus des calculs politiques immédiats. « Il est urgent de stopper la dérive autoritaire et d’ouvrir une nouvelle opportunité de dialogue politique inclusif », conclut la déclaration, plaidant pour un processus capable de restaurer la confiance entre les Bissau-Guinéens et de normaliser l’ordre constitutionnel.
