Dakar, 31 août (SL-INFO) – À Madagascar, la rentrée des classes aura lieu le 4 septembre. Il ne reste plus que quelques jours aux familles pour payer les frais d’inscription et acheter les fournitures scolaires. Une angoisse pour beaucoup de parents, qui cherchent par tous les moyens à économiser un peu d’argent pour envoyer leurs enfants à l’école, quitte à renoncer à une alimentation saine ou à se séparer d’objets utiles à leur quotidien.

Assise près de l’étal où elle vend des légumes dans le quartier populaire d’Anjezika, Vero est inquiète. Cette mère de famille n’a pas encore réuni les 150 000 ariary, soit environ 30 euros, nécessaires pour inscrire ses trois plus jeunes enfants à l’école. « On rogne sur le budget pour la nourriture, soupire-t-elle. Si d’habitude on cuit trois kapaoka [un petit récipient utilisé à Madagascar, NDLR] de riz, en ce moment on n’en cuit que deux. On réduit la quantité. Mes deux enfants les plus âgés ne vont plus à l’école, ils ont arrêté en 5e car nous n’avions plus les moyens de les scolariser ».

Pour financer la rentrée, d’autres parents utilisent un système d’épargne communautaire tout à fait informel, l’akandray. Il permet aux familles de dégager ponctuellement une somme d’argent plus conséquente, explique Claire, mère de deux enfants : « Si on économise seuls à la maison, l’argent partira vers d’autres besoins. L’akandray impose une économie forcée. Une dizaine de ménages versent quotidiennement le même montant dans une caisse commune et le dimanche l’argent collecté est remis à un foyer. Chaque ménage participant en bénéficie à tour de rôle. »

Étouffées par une inflation estimée par le ministère de l’Economie et des finances à 9% au mois de juin, certaines familles sans moyens se résignent aussi à vendre des biens personnels pour quelques milliers d’ariary.

Un enfant sur deux arrête avant la fin de la primaire

Antoinette leur achète toute sorte d’objets du quotidien, qu’elle revend dans la rue. « Des vêtements, des lits, des tables, des essentiels de cuisine, des chaussures, des assiettes, des marmites, des cartables usés, détaille-t-elle. Un cartable, par exemple, je vais l’acheter à 2 000 ariary [39 centimes d’euros, NDLR] et le revendre à 3 000 ariary [59 centimes, NDLR]. Certains me demandent si je peux acheter telle ou telle chose car il y a des problèmes chez eux. Je n’ai pas toujours l’argent pour acheter, donc parfois je vends d’abord leurs biens puis je les paye ensuite ».

À Madagascar, près d’un enfant sur deux arrête l’école avant la fin du cycle primaire selon une enquête de l’Unicef en 2025.

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