Dakar, 14 août (SL-INFO) – L’affaire de la spectaculaire saisie de 690 kg de cocaïne au large de Saint-Louis franchit une nouvelle étape judiciaire. Évoqué ce vendredi 14 août 2026 devant la Chambre de jugement du Pool judiciaire financier (PJF) statuant en matière criminelle, le dossier a finalement été renvoyé au 11 septembre prochain. Ce report a été ordonné pour permettre la comparution de l’administration des Douanes, partie civile incontournable au regard de l’infraction de contrebande de marchandises prohibées.

​Selon l’ordonnance de renvoi, cette importante opération remonte à la nuit du 23 décembre 2023. Exploitant des renseignements opérationnels de premier ordre, le patrouilleur Walo de la Marine nationale avait arraisonné, en haute mer au large de Saint-Louis, une embarcation rapide de type « Go Fast ». À son bord se trouvaient cinq ressortissants de nationalité espagnole.

​La fouille du navire avait permis de découvrir 23 ballots de cocaïne, contenant chacun 30 pains d’un kilogramme, soit une cargaison totale de 690 kg.

​Placés sous mandat de dépôt le 5 janvier 2024, les suspects avaient tenté d’expliquer leur présence dans les eaux territoriales sénégalaises par une panne de carburant ayant entraîné la dérive de leur embarcation alors qu’ils faisaient route vers l’Espagne. Un scénario de secours qui n’a pas convaincu le juge d’instruction, face aux nombreuses incohérences relevées lors des interrogatoires et aux preuves matérielles accumulées dans le dossier.

​Sur les cinq membres d’équipage initialement arrêtés, quatre font aujourd’hui face à la justice criminelle : I. R. Nogales (39 ans, manœuvre), J. A. O. Outeiral (56 ans, marin), J. M. C. Rial (68 ans, pêcheur) et S. D. Otero, alias « José » (63 ans, brocanteur).

​Le cinquième suspect, M. A. A. Cores, est pour sa part décédé le 5 janvier 2024 à la suite d’une évacuation sanitaire depuis sa cellule de détention provisoire. Son décès a officiellement éteint l’action publique à son encontre. Un non-lieu a également été prononcé concernant les dénommés « Luis » et « X », dont les identités réelles n’ont pu être établies par les enquêteurs.

Trois chefs d’accusation maintenus par le PJF

​Clôturée le 5 juin 2026 par le premier cabinet du PJF, l’instruction a définitivement écarté l’infraction de blanchiment de capitaux, faute de flux financiers suspects suffisamment caractérisés.

​En revanche, les quatre Espagnols sont renvoyés devant la formation criminelle pour des chefs d’accusation particulièrement lourds : association de malfaiteurs, trafic international de drogue et contrebande de marchandises prohibées.

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