Dakar, 02 juil (SL-NFO) – Les enquêteurs du commissariat de Point E semblent être sur la piste d’un réseau spécialisé dans la triche au bac. Ils ont placé en garde à vue cinq candidats, poursuivis pour fraude à l’examen et association de malfaiteurs.
Quatre des mis en cause sont des filles, prises en flagrant délit. Le cinquième, donc seul garçon du groupe, a été cité par les premières lors de leur audition.
Tout est parti du centre Blaise Diagne. D’après le récit de L’Observateur, qui a ébruité cette affaire, une surveillante a été alertée, ce mercredi vers 8 heures, par une voix masculine, au milieu d’une salle d’examen plongée dans le silence, alors que les candidats de la série L2 planchaient sur l’épreuve de français.
Balayant du regard autour d’elle, elle s’aperçoit qu’une bachelière tient des AirPods. La surveillante s’approche de la suspecte, récupère les accessoires et entend à l’autre bout du fil une personne débiter les réponses aux questions soumises aux candidats.
«Pensant toujours avoir ‘sa’ candidate au bout du fil, [la voix mystérieuse] lui demande de tousser pour confirmer sa présence avant de lui suggérer d’aller aux toilettes. La surveillante, déterminée, le menace de le dénoncer à la police, le poussant à raccrocher en vitesse», rapporte L’Observateur.
La mise en cause se nomme A. S. Djiba, élève en classement de Terminale L2. Elle sera exclue de la salle et mise à la disposition du commissariat de Point E.
Le quotidien du Groupe futurs médias informe que la suspecte «a reconnu sans ambages les faits», confessant même «avoir organisé ce stratagème avec trois camarades de classe via un groupe Snapchat».
Ces dernières sont toutes des filles : T. Mbengue, M. K. Thiam et F. D. Ndiaye. «Les deux premières composaient au lycée Delafosse tandis que la troisième était au centre Université Amadou Hampathé Bâ», précise le journal.
Trouvées avec des AirPods, les trois jeunes filles seront interpellées quelques instants plus tard par les enquêteurs, informe L’Observateur. Qui poursuit : «Interrogées, elles ont avoué avoir envoyé chacune entre 19 000 et 20 000 francs CFA via Wave à une personne dont elles ignorent l’identité. Cette tierce personne, non encore identifiée, leur dictait les réponses en temps réel. L’enquête, ouverte par le commissariat de Point E, a révélé des ramifications au lycée mixte Delafosse. Cité par les filles, le candidat L. Badji, 19 ans, a été extrait de sa salle d’examen et mis à la disposition des enquêteurs.»
La même source ajoute que les mis en cause ont été placés en garde à vue et leurs AirPods saisis. «Des réquisitions ont été adressées aux opérateurs téléphoniques et à Wave afin d’identifier et de localiser l’interlocuteur mystère, véritable cerveau de l’opération», complète L’Observateur.
