Dakar, 30 mars(SL-INFO) – Le président intérimaire syrien, Ahmed al-Sharaa, a entamé des discussions de haut niveau à Berlin. Reçu par le président allemand Frank-Walter Steinmeier en prélude à un entretien avec le chancelier Friedrich Merz, le dirigeant syrien a abordé la reconstruction de son pays et la gestion des flux migratoires. Au cœur de ces échanges, une vision commune se dessine autour d’une catégorie spécifique de la diaspora syrienne.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’objectif affiché par Berlin est d’accompagner la stabilisation de la Syrie. Le porte-parole du gouvernement allemand, Stefan Kornelius, a souligné l’intérêt de voir la nation syrienne se reconstruire avec le concours des nombreux exilés ayant trouvé refuge en Allemagne et en Europe au cours de la guerre civile.
Lors d’un forum organisé au ministère fédéral des Affaires étrangères, Ahmed al-Sharaa a précisé ses attentes. Mettant en avant les opportunités d’investissement dans les secteurs de l’énergie, des transports et du tourisme, il a émis le souhait de voir revenir les Syriens formés dans les universités allemandes et ayant acquis une expertise au sein des entreprises locales. L’idée est que ces profils qualifiés rapatrient leurs compétences et leurs capitaux en Syrie. En écho, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a garanti le soutien de son pays à ces efforts de reconstruction.
Ce déplacement diplomatique devait initialement se tenir en janvier. Il avait été repoussé, le dirigeant syrien s’employant alors à faire cesser les combats dans le nord de la Syrie entre les forces gouvernementales et les Forces démocratiques syriennes dirigées par les Kurdes.
La question du retour revêt un enjeu politique majeur en Allemagne, où près d’un million de Syriens ont afflué, principalement lors du pic migratoire de 2015-2016. Le chancelier conservateur Friedrich Merz, arrivé au pouvoir en mai, a intensifié les mesures visant à limiter l’immigration irrégulière, dans un contexte de montée en puissance du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD). L’année dernière, il avait affirmé que la fin de la guerre privait les Syriens de motifs d’asile en Allemagne.
Si les expulsions vers la Syrie ont repris en décembre de manière marginale, Friedrich Merz table sur des retours volontaires massifs. Une approche contestée par des groupes de défense des droits humains, qui mettent en avant l’instabilité persistante. Lundi, une manifestation a été organisée à Berlin sous un slogan refusant tout accord d’expulsion avec des auteurs de violations des droits humains.
