Dakar, 28 avril (SL-INFO) – Les États-Unis examinent une nouvelle proposition de l’Iran dans le contexte d’un cessez-le-feu présenté comme fragile entre les deux adversaires de longue date. Le plan transmis à Washington intervient alors que la guerre menée contre l’Iran est actuellement en pause et que les tensions restent fortes autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour l’approvisionnement énergétique mondial.

D’après Al Jazeera, l’offre iranienne vise d’abord une désescalade dans le Golfe sans régler immédiatement le dossier nucléaire, pourtant au centre des exigences américaines. Téhéran propose de rouvrir le détroit d’Ormuz à tout le trafic maritime si Washington lève son blocus naval sur les ports iraniens et accepte de mettre fin à la guerre. En temps normal, près d’un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié transitent par ce corridor maritime.

Le cessez-le-feu a débuté le 8 avril. Quelques jours plus tard, le président américain Donald Trump a annoncé un blocus visant les ports et navires iraniens, limitant la capacité de Téhéran à exporter son pétrole. Selon les informations disponibles, l’Iran a transmis sa proposition par l’intermédiaire du Pakistan, qui joue un rôle de médiateur. L’agence de presse d’État iranienne Fars News Agency a indiqué que les messages concernaient plusieurs « lignes rouges » de la République islamique, notamment les questions nucléaires et le détroit d’Ormuz.

Le point central du plan iranien est le report des discussions sur le programme nucléaire à l’après-guerre. L’ambassadeur iranien à l’ONU, Amir Saeid Iravani, a déclaré lundi qu’une stabilité durable dans le Golfe et dans la région ne pouvait être obtenue qu’à travers une cessation durable et permanente de l’agression contre l’Iran. Interrogé par Al Jazeera, l’analyste Abas Aslani a affirmé que Téhéran considérait son ancien schéma de compromis nucléaire contre un allègement des sanctions comme n’étant plus une voie viable vers un accord.

D’autres observateurs cités par Al Jazeera estiment que la proposition iranienne peut constituer une première étape. Negar Mortazavi, du Center for International Policy, a jugé l’offre « raisonnable », en soulignant que la situation dans le détroit a créé une crise mondiale. Elle a ajouté que le dossier nucléaire restait un sujet complexe qui exige du temps, des experts techniques et un cadre de négociation apaisé, plutôt qu’un traitement en pleine confrontation militaire.

À Washington, la réponse apparaît pour l’heure réservée. La Maison Blanche a confirmé que Donald Trump a réuni lundi ses principaux conseillers à la sécurité pour examiner la proposition iranienne. Selon Reuters, un responsable américain non nommé a indiqué que le président n’était pas satisfait du texte, car il n’incluait pas de disposition sur le programme nucléaire iranien. CNN, citant deux personnes proches du dossier, a rapporté que l’offre avait peu de chances d’être acceptée en l’état. Le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré sur Fox News que la proposition était meilleure que prévu, tout en affirmant que tout accord devait empêcher définitivement l’Iran de se doter d’une arme nucléaire.

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