Dakar, 28 avril (SL-INFO) – L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) confirme son rayonnement scientifique international avec la publication d’un article de deux de ses enseignants-chercheurs dans le Journal of Development Perspectives, revue à comité de lecture éditée par la Pennsylvania State University Press Le Professeur Thierno Thioune, Agrégé en Économie, et le Docteur Waounde Diop, Maître de Conférences Titulaire à la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion (FASEG), y proposent une analyse approfondie de l’impact des semences certifiées sur les rendements agricoles au Sénégal.
Intitulée « Impact of Certified Seed Adoption on Rice and Millet Yields in Senegal: A Propensity Score Matching Approach », cette recherche aborde un enjeu stratégique pour la sécurité alimentaire : dans quelle mesure les semences certifiées permettent-elles d’améliorer la productivité des cultures vivrières ? Les résultats mettent en évidence un impact notable pour la culture du riz.
Les agriculteurs ayant recours à des semences certifiées enregistrent des gains pouvant atteindre 512 kg/ha supplémentaires, un effet confirmé par plusieurs méthodes économétriques. En revanche, l’étude montre que cet impact reste limité pour le mil, soulignant l’importance d’approches différenciées dans les politiques agricoles, en fonction des spécificités agronomiques et des pratiques locales.
Ces conclusions reposent sur une enquête réalisée en 2021 auprès de 596 ménages agricolespar l’ISRA, dans deux zones clés : le Bassin arachidier et la Vallée du Fleuve Sénégal. Pour mesurer l’effet réel des semences certifiées, les chercheurs ont mobilisé la méthode du Propensity Score Matching, une technique économétrique avancée permettant d’isoler l’impact causal d’une innovation en l’absence d’expérimentation aléatoire.
Trois variantes de cette méthode ont été appliquées, garantissant ainsi la robustesse et la fiabilité des résultats obtenus. Au-delà de l’apport scientifique, cette étude ouvre des perspectives opérationnelles pour les décideurs.
Elle met en évidence la nécessité de : * renforcer les politiques de promotion des semences certifiées pour le riz ; * accompagner les producteurs à travers des formations techniques adaptées ; * améliorer l’accès aux mécanismes de financement agricole ; * investir dans la recherche variétale pour le mil. Cette publication illustre la capacité de l’université à produire des connaissances utiles, à la fois ancrées dans les réalités nationales et ouvertes sur les enjeux internationaux, dans la continuité de l’héritage scientifique du Professeur Cheikh Anta Diop. Article disponible en accès libre :
