Dakar, 19 Mai (SL-INFO) – Si l’annonce de la sélection de Neymar à la Coupe du monde 2026 a fait chavirer une grande partie du Brésil dans l’hystérie ce lundi soir, le choix de Carlo Ancelotti interroge les éditorialistes brésiliens. A-t-il réellement appelé la superstar de 34 ans pour des raisons sportives?

Une hystérie collective dans les rues et les bars, une conférence de presse de Carlo Ancelotti interrompue par les cris et applaudissements, des dizaines de vidéos d’enfants qui pleurent devant leur téléviseur… Le Brésil a célébré comme il se doit le retour d’une idole nationale en sélection. Ce lundi soir, Neymar a été convoqué par Carlo Ancelotti pour disputer la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, au Mexique et au Canada.

Après deux ans d’absence, la star brésilienne, pas épargnée par les blessures ces dernières années, va disputer son quatrième Mondial. Et sa présence était très attendue par tout un peuple. Pourtant, son niveau réel interroge. Après deux années quasi blanches à Al-Hilal, en Arabie saoudite, Neymar a rejoint Santos en 2025 où il a pu faire parler son talent par intermittence, encore une fois à cause de pépins physiques.

Sélectionné, mais dans quel rôle?

Même s’il a réussi à disputer 15 rencontres depuis le début du mois de février, méritait-il d’évincer un attaquant du calibre de João Pedro (Chelsea) de la liste des 26? « Neymar ne méritait pas d’être sélectionné pour la Coupe du monde, mais l’équipe nationale a besoin de lui », a écrit Mauro Betin dans le journal Estadão.

Car tous les éditorialistes brésiliens s’accordent à dire que ce retour à la portée mondiale n’a pas grand-chose de sportif. D’après Carlos Eduardo Mansur dans O Globo, il a suffi à Neymar « d’être sur le terrain lors de matchs consécutifs » même si « son corps ne lui permettait pas d’effectuer des gestes techniques autrefois habituels, ni d’atteindre un niveau international de haut niveau ».

« Je l’aurais aussi pris. Sans la moindre conviction », a poursuivi Mauro Betin. « Mais avec une immense confiance en son potentiel. Et en ce qui manque à l’équipe nationale, privée d’Estêvão, de Rodrygo et de meilleurs talents. »

Une présence, donc, faute de mieux. Mais également pour endosser un rôle un peu différent. Celui d' »impact player », capable de faire chavirer une rencontre. « Être titulaire? Non. Entrer en jeu dans les dernières minutes, trouver des solutions et des coéquipiers, oui », a tranché Mauro Betin.

Une « décision diplomatique »

La condition physique et le style de jeu de Neymar pourraient cependant déséquilibrer l’équipe de Carlo Ancelotti. D’après Folha de Sao Paulo, « la star possède un talent indéniable et un palmarès impressionnant, en revanche, on lui reproche un manque de rigueur défensive et d’intensité physique ». « Avec Neymar, le Brésil gagne en technique, en vision du jeu, en création d’occasions, en coups de pied arrêtés et en talent individuel », a précisé le journal. « Sans lui, quel que soit le joueur aligné, l’équipe sera plus rapide, plus intense physiquement, plus solide défensivement et plus collective. Il y a des avantages et des inconvénients. Il est nécessaire de les peser et de déterminer quel aspect l’emporte. »

D’où le fait de savoir quel statut l’ancien du Barça et du PSG aura en juin et juillet prochains. Sa présence ajoute « un poids supplémentaire dans la valise », selon Carlos Eduardo Mansur. « Passons maintenant au débat suivant: Neymar doit-il être titulaire? Si non, combien de minutes devrait-il jouer par match? Pourquoi ne pas l’utiliser davantage? Sa présence en Coupe du monde suscitera toutes sortes de réactions, sauf l’indifférence », a assuré le journaliste.

Dans un autre article d’O Globo, on va même un peu plus loins dans l’interprétation: « La notoriété de son nom a primé sur la réalité du terrain. » Carlo Ancelotti aurait fait « un choix de confort » en prenant « une décision diplomatique, compte tenu des liens qu’entretiennent plusieurs joueurs de l’effectif avec Neymar et de l’attachement émotionnel que le joueur suscite chez une grande partie des supporters ». « Je pense qu’en le convoquant, Ancelotti cherche également à fédérer le pays autour de l’équipe nationale », a suggéré Douglas Ceconello.

Dans une équipe aux nombreuses failles et dépourvue de leaders incontestables, le technicien italien a redonné de l’espoir aux plus de 200 millions d’habitants du pays le plus titré à la Coupe du monde. Pour Carlos Eduardo Mansur, « c’est, en partie, un acte de foi ».

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