Dakar, 30 juin (SL-INFO) – Le tribunal d’El Hierro a ordonné la détention en vue d’expulsion de 82 ressortissants sénégalais arrivés par bateau, marquant la première procédure de ce type depuis l’entrée en vigueur, le 12 juin dernier, du nouveau Pacte européen sur la migration et l’asile.

Selon l’agence EFE, cette décision repose sur la « conviction » des autorités espagnoles que le Sénégal acceptera cette fois le retour forcé de ses ressortissants, un point jugé « crucial » par le parquet pour justifier la proportionnalité d’une détention pouvant atteindre 60 jours.

Si les magistrats ont validé ces détentions en s’appuyant sur le droit espagnol, les avocats et ONG s’interrogent désormais sur la conformité de ces procédures avec la nouvelle réglementation, tout en dénonçant des conditions de maintien « ni humaines ni dignes » dans les centres d’accueil temporaire.

Trois jours seulement après leur débarquement, 85 citoyens sénégalais ont été transférés du Centre de rétention administrative temporaire vers un lieu de détention autorisant leur maintien en détention pour une durée maximale de 60 jours, en attendant que  le ministère de l’Intérieur organise leur retour au Sénégal.

Au total, 87 personnes ont comparu devant le tribunal d’El Hierro dans le cadre de cette procédure. Cinq d’entre elles ont été renvoyées dans le système d’accueil après avoir déclaré être mineures.

Selon le site espagnol nuevaradio, l’exécution des retours dépendra de la coopération du Sénégal pour identifier chaque personne, confirmer sa nationalité et délivrer les documents de voyage nécessaires. « L’Espagne et le Sénégal entretiennent depuis des années des mécanismes de coopération en matière de migration et de retour, mais l’efficacité de leur mise en œuvre dépend de la réactivité des autorités sénégalaises dans chaque cas ».

« En 2022, la Commission européenne a constaté que la coopération du Sénégal en matière de réadmission restait insuffisante. « Bruxelles a souligné les obstacles rencontrés à toutes les étapes du processus, de l’identification des ressortissants sénégalais à la délivrance des documents de voyage et à la coordination des opérations de retour ».

Selon le rapport, consulté par nuevaro, « le taux de respect des injonctions de retour émises dans l’Union européenne à l’encontre des citoyens sénégalais était de 3,2 % en 2020 et de 8 % en 2021 ».

Reste à savoir si le Sénégal acceptera le retour forcé de ces 82 personnes ; aucune déclaration officielle n’a été émise par les autorités à ce jour.

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