Dakar, 09 juil (SL-INFO) – La ministre des Sports, Marina Ferrari, a de nouveau dénoncé les insultes racistes « abjectes » de la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla contre Kylian Mbappé. Et si elle ne l’empêchera pas de se rendre en France, elle lui prédit un accueil particulièrement hostile de la part des Français.
Totalement inconnue hors des frontières du Paraguay il y a encore cinq jours, la sénatrice Celeste Amarilla figure certainement très haut dans le classement des personnalités les plus détestées des Français actuellement. Depuis ses propos racistes ignobles tenus contre Kylian Mbappé après le match France-Paraguay (1-0), la femme politique ne passe plus un jour sans insulter le capitaine de l’équipe de France.
Ce jeudi, elle l’a même qualifié de « fils de p… » devant le Sénat paraguayen, provoquant une nouvelle vague d’indignation dont elle semble se nourrir, mais qui plonge son propre gouvernement dans l’embarras.
Les excuses du gouvernement paraguayen
L’affaire a évidemment pris une tournure diplomatique avec des excuses formulées par les plus hautes sphères de l’État paraguayen, qui se désolidarise de ses positions extrêmes. Invitée sur France Info ce jeudi, la ministre des Sports Marina Ferrari a de nouveau fustigé les agissements de l’élue : « Elle a fait plus que gâcher cette fête, c’était absolument abject les propos tenus par cette sénatrice. C’est pour ça que je les ai dénoncés, le procureur a été saisi sur le sujet. Nous avons reçu des excuses du gouvernement paraguayen qui a dit que ça ne correspondait absolument pas aux valeurs portées par le pays. »
Mardi, Celeste Amarilla a complètement dégoupillé en publiant une hallucinante lettre ouverte en réponse à Kylian Mbappé, qui l’avait qualifiée de « femme méprisable ». Elle y révélait son amour pour la France, où elle passe régulièrement ses vacances dans des destinations très huppées, rappelant qu’elle avait étudié dans un collège français, qu’elle parlait la langue et qu’elle avait fêté le dernier Nouvel An à Saint-Tropez.
Un accueil hostile promis lors de ses prochains séjours
Ses prochains voyages dans l’Hexagone promettent pourtant de se dérouler dans un climat beaucoup plus lourd.
« Nos concitoyens sauront la recevoir. On ne peut pas tenir des propos comme ça sur l’un de nos concitoyens », a prévenu Marina Ferrari, tout en assurant que la sénatrice n’était pas persona non grata sur le territoire national : « Ce n’est pas à moi de dire qui doit rentrer dans le pays ou pas. Si elle est identifiée comme telle, je pense qu’elle n’aura pas un accueil très chaleureux. »
Mardi, une enquête pour « injure publique et provocation à la haine ou à la violence » a été ouverte par le parquet de Paris. Bien que la justice française soit compétente puisque la victime est de nationalité française, des freins juridiques majeurs pourraient empêcher une condamnation. Il faudrait en effet que la justice paraguayenne accepte de lever l’immunité parlementaire de la sénatrice et collabore avec Paris. Si elle venait à être jugée en France, Celeste Amarilla encourrait théoriquement un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.
