Dakar, 22 avril (SL-INFO) – Amnesty International a présenté hier mardi à Dakar son rapport annuel 2025-2026.
Dans celui-ci, le constat sur les violations des droits économiques et sociaux préoccupe l’organisation. Dans un contexte mondial marqué par le changement climatique, les crises économiques et les conflits prolongés se multiplient.
Selon Amnesty International, ces difficultés ne sont pas seulement conjoncturelles. Elles sont amplifiées par les déséquilibres structurels du système économique mondial, dominé par des institutions comme le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.
Amnesty estime que ce système n’est plus adapté aux réalités actuelles et contribue à creuser les inégalités entre pays riches et pays à faible revenu.
L’un des facteurs majeurs pointés par le rapport est l’endettement croissant des États. Sous l’effet de l’inflation et de la hausse des taux d’intérêt, de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire se retrouvent dans l’incapacité d’investir dans des services essentiels tels que la santé, l’éducation ou la protection sociale.
À cela s’ajoute une fiscalité jugée inéquitable, marquée par une évasion fiscale importante pratiquée par certaines multinationales et grandes fortunes, privant les États de ressources cruciales.
Dans le document, Amnesty International critique également la réduction de l’aide publique au développement par plusieurs pays riches. Les coupes budgétaires, notamment celles opérées par les États-Unis et certains pays européens, ont entraîné des conséquences directes sur les populations les plus vulnérables. Dans plusieurs pays, des programmes de santé ont été perturbés, voire interrompus, limitant l’accès à des traitements vitaux.
Le rapport souligne aussi que près de 300 millions de personnes dans le monde ont actuellement besoin d’une aide humanitaire urgente. Dans des pays comme Haïti, le Soudan, le Soudan du Sud ou le Yémen, la faim a atteint des niveaux critiques, touchant une partie importante de la population.
Ces constats interviennent alors que les Nations Unies alertent sur le retard pris dans la réalisation des Objectifs de développement durable à l’horizon 2030. Seulement 35 % des cibles sont en bonne voie, tandis qu’une part significative montre des progrès insuffisants, voire une régression.
Face à ce constat, Amnesty International appelle à des réformes structurelles. L’organisation soutient notamment les négociations en cours autour d’une convention fiscale internationale sous l’égide des Nations Unies, qui viserait à lutter contre l’évasion fiscale et à garantir des ressources suffisantes pour financer les droits humains.
Enfin, le rapport insiste sur l’urgence d’un allègement de la dette pour les pays les plus vulnérables et appelle les États les plus riches à consacrer au moins 0,7 % de leur revenu national brut à l’aide internationale.
