Dakar, 29 avril (SL-INFO) – L’Assemblée nationale a adopté, à une écrasante majorité, la proposition de loi modifiant les articles 29 et 30 du code électoral. Un vote qui relance immédiatement le débat politique et juridique autour du texte, avec en toile de fond la question d’un éventuel recours devant le Conseil constitutionnel. Mame Mbaye Niang demande à l’opposition de décliner tout recours et renvoie la responsabilité au président de la République, Diomaye Faye.
Depuis le Canada, l’ancien ministre Mame Mbaye Niang, figure de l’APR, a vivement réagi à cette adoption, appelant l’opposition à ne pas engager de démarche contentieuse. Selon lui, la responsabilité politique et institutionnelle incombe d’abord au chef de l’État.
« On ne fera pas le job à la place de Bassirou Diomaye Faye », a-t-il déclaré mercredi sur la rfm, estimant que « ce n’est pas à l’opposition de déposer de recours ».
Dans ses propos, il met directement en cause le président de la République, qu’il accuse d’un manque de réaction dans la gestion du processus législatif.. « Le président de la République devrait assumer ses fonctions parce que c’est lui qui a juré devant la nation et devant Dieu de garantir les libertés, de protéger le pays, de défendre la Constitution et l’intégrité du territoire », a-t-il insisté.
Mame Mbaye Niang va plus loin, estimant que le chef de l’État dispose de tous les leviers institutionnels pour bloquer ou faire réexaminer le texte.
« Le président de la République dispose suffisamment de moyens pour ne pas laisser cette loi arriver à l’Assemblée nationale. S’il ne veut pas le faire, ça n’engage que lui », a-t-il soutenu, appelant à un recours direct du chef de l’État au Conseil constitutionnel.
Pour l’ancien ministre, il serait incohérent de voir l’opposition porter seule le combat juridique. « Au nom de quoi est-ce que l’opposition devrait se battre à la place de Diomaye ? », s’interroge-t-il, estimant que le pouvoir en place devrait assumer ses choix politiques.
La présidente du groupe parlementaire Taxawu, Aissata Tall Sall, avait annoncé mardi à l’Assemblée nationale une initiative de recours pour inconstitutionnalité contre la loi adoptée.
