Dakar,08 Mai (SL-INFO) – Le député Thierno Alassane Sall a vivement critiqué la proposition de loi portant modification de l’article 118 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, qui encadre désormais plus strictement l’absentéisme des parlementaires. 

S’exprimant sur le débat à l’hémicycle, il estime que l’Assemblée nationale se trompe de priorité en se focalisant sur la discipline interne des députés, alors que le pays fait face, selon lui, à des urgences économiques et sociales plus pressantes. Thierno Alassane Sall accuse le pouvoir et la majorité parlementaire de vouloir utiliser ce texte pour « réprimer l’opposition ». 

« Aujourd’hui, on s’emploie à réprimer l’opposition et les députés de l’opposition après avoir réprimé la presse et bien d’autres secteurs », a-t-il déclaré. 

Pour lui, la réforme sur l’absentéisme s’inscrit dans une logique politique plus large visant à renforcer le contrôle institutionnel. Le député estime que les véritables urgences nationales sont ailleurs, notamment dans le fonctionnement global des institutions et la gestion des politiques publiques. 

Il critique le fait que le Parlement consacre du temps à la question de la présence des députés alors que d’autres sujets, selon lui, méritent plus d’attention. « Le pays coule sous beaucoup d’autres urgences que de venir porter ce débat », a-t-il lancé.

Thierno Alassane Sall a également élargi ses critiques au fonctionnement interne de l’institution parlementaire. Il évoque notamment des conditions de travail jugées « lamentables » pour les députés, un budget de l’Assemblée nationale qu’il estime opaque, ainsi que le manque de transparence sur certaines dépenses institutionnelles. 

Il a également soulevé des interrogations sur les rémunérations et les avantages des responsables parlementaires ainsi que sur les conditions de leurs déplacements à l’étranger.

« Les vraies priorités sont ailleurs »

Le député considère que l’Assemblée nationale devrait se concentrer sur des sujets de fond liés à la gouvernance publique. Il cite notamment le suivi des dépenses publiques, les politiques agricoles, et la gestion des urgences économiques. « C’est ça la priorité de l’Assemblée nationale », estime-t-il, regrettant que le débat soit centré sur les sanctions contre les députés absentéistes.

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