Dakar, 05 juin (SL-INFO) –Interrogés par L’Observateur, des spécialistes décryptent le discours du Président Bassirou Diomaye Faye prononcé ce jeudi, à l’occasion du centenaire de l’ancien Président Me Abdoulaye Wade. Les analystes y décèlent une double lecture : l’affirmation d’une autorité présidentielle grandissante et un message subtilement adressé au président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko.
À travers des formules soigneusement choisies, le chef de l’État a insisté sur des principes de gouvernance et de cohésion nationale. Il a notamment appelé à « s’opposer sans se déchirer », à « rester fidèle à son parti sans sacrifier la primauté de la patrie » et à faire de « la patience, une forme haute du courage ». Il a également rappelé que « l’adversaire d’aujourd’hui n’est pas un ennemi » et qu’« aucune querelle, si vive soit-elle, ne mérite que l’on déchire le pays ».
Une parole présidentielle qui s’affirme
Selon le Dr Momar Thiam, conseiller en communication, cette intervention s’inscrit dans les « contours souterrains » de la communication politique. En ciblant les ambitions personnelles qui fragilisent les nations, le successeur de Macky Sall dépasse le cadre de l’hommage pour réaffirmer l’autorité de sa fonction au-dessus des contingences partisanes. Le politologue Malao Kanté abonde dans ce sens, décrivant un « Président beaucoup plus libéré dans sa parole » qui envoie un message codé à Ousmane Sonko sur la nécessité de privilégier la stabilité de l’État.
Vers un apaisement ou une rupture ?
Malgré les spéculations sur d’éventuelles frictions au sommet de l’État, les analystes écartent la thèse d’une confrontation directe. « Les deux responsables ont tenu des discours responsables. J’espère qu’ils auront la hauteur nécessaire pour éviter au Sénégal une crise institutionnelle dont personne ne sortirait gagnant », prévient Malao Kanté. Dans un contexte économique difficile, les interlocuteurs du quotidien du Groupe futurs médias estiment que les deux hommes ont tout intérêt à choisir la voie du dépassement pour éviter une guerre fratricide qui serait préjudiciable à l’ensemble du pays.
