Dakar, 23 avril (SL-INFO) – Le procès très attendu de l’artiste Yama Séga et de la blogueuse Maya Kaba, alias « Maya La Solution », s’est tenu ce lundi 20 avril 2026 au Tribunal de première instance (TPI) de Mafanco, dans une salle comble.
Déférées dans la matinée, les deux prévenues ont été jugées en procédure de flagrant délit après un passage rapide devant le procureur. À la barre, elles ont toutes deux reconnu les faits qui leur sont reprochés, notamment des injures, des diffamations et des propos attentatoires à la dignité humaine via les réseaux sociaux.
Des aveux et des regrets
Première à comparaître, Yama Séga a admis avoir réagi sous l’effet de la colère dans un contexte de tensions avec son ancienne amie. Elle a présenté ses excuses aux autorités, à sa famille et à la population guinéenne, évoquant notamment l’impact de cette affaire sur son enfant et ses proches. À sa suite, Maya Kaba a également reconnu avoir tenu des propos mensongers dans le but de « blesser » son amie. Elle a expliqué que le conflit était né d’un malentendu sur les réseaux sociaux avant de dégénérer en affrontement public. Les deux femmes ont exprimé des regrets et sollicité la clémence du tribunal.
Une amitié brisée par les réseaux sociaux
Selon les débats, l’origine de l’affaire remonte à des échanges tendus lors de directs sur Facebook, où chacune accusait l’autre sans la nommer explicitement au départ. Cette situation a rapidement dégénéré, exposant leur différend à des milliers d’internautes. L’affaire met en lumière les dérives liées à l’usage des médias sociaux, notamment en matière de diffamation et d’atteinte à la vie privée.
Verdict : sursis, amende et interdiction
Après les réquisitions du ministère public, le juge Souleymane Traoré a reconnu les deux prévenues coupables des faits. Le tribunal les a condamnées à 2 ans d’emprisonnement avec sursis, une amende solidaire de 40 millions de francs guinéens (GNF) et une interdiction de toute publication sur les réseaux sociaux pendant 2 ans.
Cette condamnation signifie qu’elles ne seront pas incarcérées immédiatement, mais qu’elles restent sous la menace d’une exécution de la peine en cas de récidive. À travers cette décision, la justice guinéenne envoie un message clair sur la nécessité de réguler l’usage des réseaux sociaux et de préserver l’ordre public ainsi que la dignité des individus.
