Dakar, 14 avril (SL-INFO) – Les pourparlers directs entre le Liban et Israël, sous l’égide des États-Unis, s’ouvrent ce mardi à Washington. Si Beyrouth cherche à obtenir un cessez-le-feu, le gouvernement israélien fixe comme priorité le désarmement du Hezbollah.
La délégation israélienne aborde ces négociations avec des instructions précises. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a publiquement exigé le démantèlement de l’arsenal du mouvement armé en vue d’un accord de paix durable. Dans cette optique, la chaîne Channel 14 indique qu’Israël compte proposer la division du sud du Liban en trois zones de sécurité. Les responsables israéliens envisagent également le rétablissement d’une zone tampon, une politique abandonnée il y a plusieurs décennies. Les médias de l’État hébreu rapportent que l’équipe de négociation a reçu pour consigne de ne pas accepter de trêve.
L’évolution des pourparlers dépendra largement de la réalité sur le terrain. L’armée israélienne encercle actuellement la ville de Bint Jbeil, un bastion du sud. Le général libanais à la retraite, Hassan Jouni, a expliqué à Al Jazeera que le contrôle total de cette localité par Israël consoliderait ses exigences à Washington. À l’inverse, si le Hezbollah maintient ses positions, cela compliquerait la progression d’Israël et favoriserait indirectement la délégation libanaise. À ce jour, l’offensive israélienne a fait au moins 2 089 morts, dont 165 enfants et 87 professionnels de la santé, et provoqué le déplacement de plus de 1,2 million de personnes.
Du côté libanais, les positions divergent. Naim Qassem, leader du Hezbollah, a qualifié ces discussions de concession gratuite, affirmant que son groupe ne se pliera à aucun accord conclu aux États-Unis et laissera les armes dicter l’issue du conflit. Le gouvernement libanais tente de son côté de réaffirmer l’autorité de l’État. Le ministre de la Culture, Ghassan Salame, a souligné auprès d’Al Jazeera que Beyrouth considère cette rencontre comme une étape pour suspendre les hostilités et dissocier le dossier libanais des négociations iraniennes. Il a toutefois rappelé que le désarmement exigé prendrait du temps.
Selon les données recueillies par notre rédaction, ces échanges bilatéraux, les premiers à ce niveau depuis 1993, font suite au refus de Benjamin Netanyahu d’intégrer le Liban dans le récent accord de cessez-le-feu négocié à Islamabad entre les États-Unis et l’Iran. Cette position israélienne a été soutenue par le Président américain Donald Trump et le vice-président JD Vance. L’analyste Ameen Kammourieh note que l’administration américaine a facilité ces discussions directes pour empêcher Téhéran de s’approprier le mérite d’une éventuelle trêve au Liban, dans un contexte régional complexe marqué par les frappes continues en Iran.
