Dakar , 26 fév (SL-INFO) – Le président de SOS Consommateurs, Massokhna Kane, est monté au créneau face aux grèves des enseignants, notamment ceux du G7, pour défendre la légalité des retenues sur salaires. L’’avocat a articulé une argumentation juridique, économique et éthique.
D’emblée, Me Kane rappelle « un principe fondamental du droit du travail : le salaire est la contrepartie du travail effectué ». Ainsi, lorsqu’un agent public « cesse volontairement son activité dans le cadre d’une grève », il ne fournit plus le service pour lequel il est rémunéré.
Dans cette logique, il estime « légal et cohérent d’opérer une retenue correspondant aux jours non travaillés ». Et d’ajouter sur la rfm: « Payer un salarié qui n’a pas assuré son service reviendrait à rémunérer une prestation inexistante. »
L’avocat invoque également la protection des deniers publics. Les salaires des fonctionnaires étant financés par l’impôt, « l’État a le devoir de gérer ces ressources avec rigueur », soutient-il. Verser un salaire pour un travail non accompli pourrait être perçu comme « une mauvaise gestion des fonds publics », voire « une injustice envers les contribuables ».
Sur le plan stratégique, le président de SOS Consommateurs plaide pour la fermeté. Selon lui, le paiement systématique des jours de grève par le passé aurait contribué à prolonger certains mouvements « plusieurs semaines, voire plusieurs mois ». L’application stricte du principe « pas de travail, pas de salaire » viserait ainsi à instaurer « une forme de responsabilité dans le dialogue social».
Tout en reconnaissant que le droit de grève est garanti par la Constitution et le Code du travail, Me Massokhna Kane insiste : « Ce droit n’implique pas automatiquement le maintien du salaire. » Pour lui, les travailleurs doivent « assumer les conséquences financières de leur choix », pendant que l’État, de son côté, doit veiller à la continuité du service public.
