Dakar, 27 mars(SL-INFO) – Lors de la célébration de la Journée mondiale de l’eau à Diamniadio, axée sur le thème « Eau et genre », le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement a redéfini sa stratégie. Face aux inégalités persistantes dans l’accès aux ressources hydriques, les autorités sénégalaises entendent modifier en profondeur la place accordée à la gent féminine dans ce secteur.

L’objectif principal, détaillé par le ministre Cheikh Tidiane Dièye, est d’opérer une transition de fond : les femmes ne doivent plus être perçues comme de simples « collectrices » d’eau, mais devenir des « décideuses » à part entière. Selon les éléments rapportés par Le Quotidien, cette nouvelle orientation vise à les impliquer directement dans la gouvernance, la planification, la gestion des services et la définition des solutions.

Cette volonté d’inclusion s’appuie sur des statistiques préoccupantes. Le ministre a rappelé, en se basant sur un rapport d’ONU-Femmes de 2023, que 27,1 % des femmes dans le monde vivent dans des ménages dépourvus d’un accès sécurisé à l’eau potable. Par ailleurs, 380 millions de femmes et de filles résident dans des zones soumises à un stress hydrique élevé ou critique, un chiffre qui pourrait atteindre 674 millions d’ici 2050. La collecte de l’eau reposant principalement sur elles, cette charge impacte directement leur santé, leur sécurité et leur accès à l’éducation ou à l’emploi.

Le volet de l’assainissement présente des défis similaires. Les installations sanitaires actuelles, qu’il s’agisse des ménages, des écoles ou des structures de santé, intègrent rarement les besoins spécifiques des femmes et des filles. Cette inadéquation les expose non seulement à des risques sanitaires, mais accroît également leur vulnérabilité face au harcèlement, aux violences, et constitue un facteur direct de décrochage scolaire.

Au niveau national, l’urgence d’une meilleure politique d’assainissement est confirmée par les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) de 2023. Celles-ci indiquent que 2 millions de personnes au Sénégal, dont 1,8 million en milieu rural, pratiquent encore la défécation à l’air libre. Pour le département de l’Hydraulique, placer les femmes au cœur du dispositif de décision est désormais considéré comme un levier indispensable de justice sociale et d’autonomisation économique.

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