Dakar, 20 avril(SL-INFO)- Le démarrage de l’exploitation pétrolière modifie l’architecture économique du Sénégal, plaçant certaines régions au centre des enjeux de gouvernance et de transparence. Le Comité national de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (CN-ITIE) dresse le premier bilan de ces retombées financières.
Lors d’une rencontre avec les autorités administratives, les élus locaux et la société civile, Thialy Faye a exposé le cadre d’évaluation des ressources naturelles du pays. Selon les informations rapportées par IGFM, le président du CN-ITIE a insisté sur l’obligation de rendre visibles les flux financiers et les décisions liées au secteur extractif. L’objectif défini est d’assurer que ces revenus contribuent directement à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Les données économiques de l’année 2024 mettent en évidence cette dynamique. La contribution globale du secteur extractif à l’économie nationale a été évaluée à 455,99 milliards de FCFA. Si le domaine minier domine encore ces recettes à hauteur de 81,07 %, la part des hydrocarbures s’établit à 17,04 %. Le début de la production pétrolière en juin 2024 marque ainsi une nouvelle étape dans l’économie du pays.
La région de Fatick occupe une position centrale dans cette transformation énergétique. Les contributions extractives issues de cette zone ont atteint 47,734 milliards de FCFA en 2024, affichant une forte progression par rapport aux 13,342 milliards enregistrés en 2023. Cette hausse est directement liée à l’exploitation du champ de Sangomar, dont la première exportation de pétrole brut a eu lieu le 12 juillet 2024, totalisant plus de 16 millions de barils au cours du second semestre.
Face à l’accroissement de ces revenus, Thialy Faye a interpellé le Comité régional de développement (CRD) sur la nécessité d’un encadrement rigoureux. Les axes de travail recommandés portent sur la fiabilisation des données relatives aux emplois et aux achats locaux, l’intégration des jeunes et des PME via le contenu local, ainsi qu’un ciblage précis des dépenses sociales en fonction des priorités du territoire. L’ITIE prévoit de maintenir un suivi strict pour consolider la redevabilité et prévenir d’éventuels conflits autour de ces nouvelles ressources.
