Dakar, 21 Mai (SL-INFO) – L’économiste Seydina Alioune Ndiaye lance un cri d’alarme sur la situation financière critique du Sénégal, qualifiant la conjoncture actuelle d’« impasse totale », dans un entretien accordé à L’Observateur, ce jeudi.
Face au tarissement des liquidités et à la fermeture des marchés internationaux, l’expert révèle que le pays fait face à un mur budgétaire imminent avec un service de la dette qui va devenir « extrêmement pesant à partir de juin », atteignant « presque plus de 1 200 milliards FCfa » pour les seuls mois de juin et juillet 2026.
Selon lui, le recours exceptionnel à l’ingénierie financière des « Total Return Swaps » (TRS) s’apparente à un pari hautement risqué qui, loin de résoudre la crise, expose l’État à de graves « accidents de liquidités» en cas de dégradation de sa note souveraine.
Pointant du doigt « l’absence prolongée » d’un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI) et le ralentissement du marché financier régional, Seydina Alioune Ndiaye dresse le bilan d’un « marasme économique » profond.
Il souligne que les propres services du ministère de l’Économie tablent sur une croissance hors agriculture et hydrocarbures d’à peine « 1,6% » pour 2025, un niveau « inférieur au taux de croissance démographique » qui présage un « appauvrissement généralisé ».
Face à ce « cocktail assez explosif » exacerbé par le non-règlement de la dette intérieure et l’échec des objectifs fiscaux, l’économiste appelle d’urgence à une « diplomatie économique » pragmatique pour renouer avec les partenaires traditionnels, avertissant que sans un changement de cap majeur, «le second semestre 2026 pourrait être pire que le premier ».
