Dakar, 03 juil (SL-NFO) –Le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’Action sociale (SUTSAS) a vivement réagi à la composition du nouveau gouvernement en exprimant de sérieuses réserves sur les récentes nominations opérées dans les secteurs de la Santé et de l’Action sociale. Tout en réaffirmant son respect des prérogatives constitutionnelles du président de la République, l’organisation syndicale dit ne pas comprendre la logique des choix effectués et appelle solennellement les autorités à reconsidérer la gouvernance de l’Action sociale.

Dans un communiqué officiel rendu public, le SUTSAS indique d’abord avoir pris acte de la reconduction de M. Ibrahima Sy au poste de ministre de la Santé et de l’Hygiène publique. Cependant, l’organisation n’a pas caché son scepticisme, affirmant nourrir de profondes interrogations sur les critères politiques ou techniques ayant motivé le maintien du ministre à son poste.

La nomination de Paul Joseph Ndiaye qualifiée de « recul »

Le syndicat se montre nettement plus offensif et critique concernant le remplacement de M. Boucar Diouf, conseiller en travail social, par M. Paul Joseph Ndiaye à la direction de l’Action sociale. Ce dernier étant présenté comme un auditeur spécialisé en finance, sa nomination constitue, selon l’organisation, un véritable recul pour un secteur qui a pourtant enregistré des avancées structurelles majeures au cours des dix-huit dernières années.

Le SUTSAS rappelle à ce titre que les premières Assises nationales de l’Action sociale avaient permis d’engager une profonde réforme de la profession, marquée par la création du corps des conseillers et des spécialistes en travail social, formés par l’École nationale des travailleurs sociaux spécialisés (ENTSS). Ces réformes majeures visaient précisément à professionnaliser durablement la gestion du secteur et à en renforcer l’efficacité sur le terrain.

« Un financier à l’Action sociale, c’est confier un commissariat à un civil »

Dans son analyse sectorielle, l’organisation syndicale rappelle que l’Action sociale représente un pilier essentiel de la cohésion nationale, de la stabilité sociale et de la protection des personnes vulnérables. Face à la montée de la pauvreté, du surendettement et des détresse psychologiques qui en découlent, le SUTSAS estime que le secteur devrait bénéficier de compétences adaptées plutôt que de profils purement comptables.

Le syndicat plaide ainsi pour que la direction de l’Action sociale soit exclusivement confiée à un professionnel du travail social, une exigence de compétence, de légitimité et de cohérence institutionnelle. Établissant un parallèle avec d’autres corps de l’administration, le syndicat fait valoir qu’à l’image d’un commissariat dirigé par un policier ou d’un établissement scolaire placé sous la responsabilité d’un enseignant, l’Action sociale doit être pilotée par un spécialiste du domaine.

Pour le SUTSAS, attribuer la direction de ce secteur stratégique à un expert de la finance revient à créer une incompatibilité managériale préjudiciable pour le service public. En conclusion, le syndicat réaffirme son engagement pour la reconnaissance du travail social et invite les plus hautes autorités de l’État à rectifier le tir au nom de l’expertise et de l’intérêt des populations vulnérables.

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