Dakar, 06 juil (SL-NFO) – C’est en novembre 2024 que l’affaire a éclaté à Touba, lorsqu’une enseignante veuve a confié sa fille de 15 ans à S. S. Guèye pour soigner ses cauchemars après le décès de son père contre une somme de 50 000 FCFA. Aujourd’hui, d’après le récit détaillé par L’Observateur, le procès de ce marabout et guérisseur de 32 ans, poursuivi pour viol et pédophilie, a été renvoyé au 28 juillet prochain par la Chambre criminelle de Diourbel. Ce renvoi brutal a été ordonné à la suite d’un échange particulièrement houleux entre le juge et l’avocat de la défense, Me Cheikh Ngom, à qui la parole a finalement été retirée.

À la barre, la jeune victime, élève au primaire, a retracé les péripéties de son calvaire dans les moindres détails. Elle a révélé avoir d’abord résisté aux avances pressantes du guérisseur : « Il me faisait des avances, je les refusais toutes ». Cependant, elle explique être tombée sous son emprise après un traitement mystique : « Depuis le jour où je me suis baignée avec sa potion, je me rendais chez lui pour accepter les rapports sexuels qu’il m’imposait. Il m’a violée au total sept fois ». L’adolescente a ajouté que lors de la deuxième agression, elle avait « beaucoup saigné », précisant avoir caché la situation à sa mère par pure terreur avant de se confier à sa tante. Un certificat médical attestant des déchirures et de la perte de l’hymen est venu appuyer ses dires.

Face à ces accusations accablantes, l’accusé s’est défendu en criant au complot familial : « Toute cette cabale a été orchestrée contre moi par S. Diop ». S’il a nié catégoriquement le viol, il a tout de même avoué une forte attirance pour la mineure, déclarant au tribunal qu’il nourrissait des sentiments pour elle dès le premier jour et qu’il souhaitait l’épouser. Pour justifier tout contact physique, il a confessé : « Je ne l’ai embrassée qu’une seule fois, alors que nous faisions un selfie. J’ignore où et comment elle a perdu sa virginité, mais je ne suis pas coupable ». 

Une ligne de défense immédiatement pilonnée par le procureur, qui a confronté le prévenu à ses propres aveux d’enquête préliminaire, où il déclarait avoir bel et bien couché avec la gamine en prétendant qu’elle n’était déjà plus vierge lors de leur premier rapport. Ce scandale secoue à nouveau la région, quelques semaines après la condamnation d’un maître coranique à 20 ans de prison pour des abus sur 28 mineures, glisse la même source. 

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