Kédougou, 08 juil (SL-INFO) – Une ressortissante nigériane a été déférée devant le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Kédougou pour association de malfaiteurs, exploitation illégale d’un débit de boissons, proxénétisme, traite des personnes et blanchiment de capitaux. A.S.Ayis, alias Honey, tenait un bar à Guémédié, dans la région de Kédougou, où quatre jeunes Nigérianes, dont une mineure, étaient contraintes de se prostituer.

L’affaire a éclaté après un signalement anonyme parvenu à l’antenne locale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT). Selon cette source, les quatre jeunes filles avaient été acheminées depuis Bantaco jusqu’à Guémédié par une certaine Sindy, dont l’identité complète n’a pu être établie, avant d’être confiées à la tenancière du bar. Chacune devait lui reverser une partie de ses revenus issus de la prostitution, en contrepartie de la location d’une des douze chambres construites à proximité de l’établissement. La mineure, G.Emimi, âgée de 16 ans, devait ainsi payer un million cinq cent mille francs CFA à A.S.Ayis.

Immédiatement mobilisés, les agents de la DNLT se sont rendus sur place et ont interpellé la tenancière ainsi que les quatre jeunes filles : G.Emimi (16 ans), P.Ndedigwe (20 ans), O.Udedike (21 ans) et F. Emoyigho (26 ans).

Face aux enquêteurs, A.St.Ayis a reconnu avoir transféré la mineure à Guémédié , village reculé, frontalier du Mali et de la Guinée , après avoir constaté une présence policière trop régulière à Bantaco. Elle l’a ensuite logée dans une chambre du bar et inscrite à une tontine qu’elle gérait personnellement, encaissant ses gains avant de les transmettre à Sindy. Les trois autres jeunes femmes se voyaient, selon ses dires, simplement louer une chambre pour y exercer.

La mise en cause a par ailleurs admis exploiter son bar sans autorisation administrative depuis septembre 2022, et financer cet établissement, une boutique à Saraya ainsi qu’une entreprise basée au Nigéria grâce aux revenus tirés de la prostitution des jeunes filles.

Entendues à leur tour, les quatre victimes ont confirmé les versements quotidiens exigés , entre dix mille et douze mille francs CFA selon les cas , et affirment que la tenancière leur devait des sommes allant de 176 000 à 840 000 francs CFA selon des sources de Seneweb.

Les quatre jeunes filles ont été confiées à l’ONG La Lumière de Kédougou pour leur prise en charge. Une importante quantité de boissons alcoolisées, deux réfrigérateurs et du matériel de sonorisation ont été saisis et déposés au greffe du tribunal.

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