Dakar, 09 juil (SL-INFO) – Partie faire un tour pour évacuer son stress au volant de la voiture de son soi-disant frère, A. Niang a provoqué un accident avant de tenter de minimiser les faits devant le Tribunal de grande instance de Mbour. Rattrapée par les déclarations du propriétaire du véhicule et des témoins, qui ont confirmé son état d’ivresse, elle a été reconnue coupable et condamnée. Son amie, A. C. N. Seck, poursuivie pour collecte de données à caractère personnel, a en revanche été relaxée.
L’audience a été marquée par les vives remontrances de la présidente du tribunal à l’encontre d’A. Niang. À la barre, la prévenue a tenté de se justifier en expliquant qu’elle traversait une période difficile. « J’étais chez moi et j’étais stressée. J’ai emprunté la voiture de mon frère pour aller faire un tour. J’ai heurté une voiture, puis je suis allée me garer à la station avant de revenir m’enquérir de la situation », a-t-elle déclaré.
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Une version aussitôt mise à mal par la présidente du tribunal : « Votre frère a été entendu et il a dit tout autre chose. Vous étiez en état d’ébriété, vous avez manqué de respect aux policiers. Vous n’avez pas de permis de conduire et, en plus, vous vous permettez de boire jusqu’à être ivre avant de prendre le volant. »
La magistrate a ajouté que l’ensemble des témoignages recueillis, y compris celui de l’homme qu’elle présentait comme son frère, confirmaient son état d’ivresse manifeste au moment des faits.
Également poursuivie pour collecte de données à caractère personnel, A. C. N. Seck a nié toute implication directe dans l’accident. Elle a expliqué qu’elle était simplement venue passer des vacances à Saly et qu’elle ne se trouvait pas dans le véhicule lors du choc.
« J’étais venue passer du bon temps à Saly. On m’a appelée pour me dire que mon amie avait des problèmes avec la police. Je suis venue intervenir », a-t-elle soutenu.
Son intervention sur les lieux de l’accident n’a toutefois pas convaincu le tribunal quant à l’attitude générale des deux femmes. Le procureur leur a reproché d’avoir provoqué un esclandre public en laissant entendre que leurs relations ou leur statut leur permettraient d’échapper aux forces de l’ordre.
« Vous vous croyez où ? Vous avez fait un scandale là-bas. Vous représentez quoi pour penser que vous ne serez pas jugée ? Vous pensez que vous êtes au-dessus de la loi ? », a martelé le représentant du ministère public.
Après avoir rappelé que nul n’est au-dessus de la loi, le procureur a cherché à clarifier la nature exacte des liens entre la prévenue et le propriétaire du véhicule. Les débats ont révélé que A. Niang et ce dernier n’avaient en réalité aucun lien de parenté, ni même de cousinage germain.
« Vous n’avez aucun lien de parenté avec le propriétaire de la voiture. Nous sommes au courant de tout. Nous-mêmes, si la police nous arrête, nous nous soumettons », a insisté le procureur.
Pour la défense, Me Rama a estimé que le dossier devait être apprécié avec mesure, plaidant pour « une application extrêmement bienveillante de la loi » en faveur de sa cliente.
Au terme des délibérations, le tribunal a déclaré A. Niang coupable des faits reprochés, la condamnant à une peine de six mois d’emprisonnement, dont quinze jours ferme, ainsi qu’à une amende de 200 000 francs CFA. Son amie, A. C. N. Seck, a été relaxée des fins de la poursuite.
