Dakar , 16 avril (SL-INFO) La mort tragique de Baye Birame Fall, un Sénégalais de 16 ans poignardé en Angleterre, suscite une vague d’indignation et de colère. Dans une déclaration parvenue à Senego, Boubacar Seye, président de l’organisation Horizon Sans Frontières, dénonce un crime raciste d’une rare violence et appelle à une réaction ferme des autorités.
« C’est avec une profonde douleur, une immense colère et une vive indignation que j’ai appris le meurtre atroce d’un jeune Sénégalais », déclare-t-il, évoquant un acte « barbare, lâche et raciste ».
Le drame a pris une dimension encore plus insoutenable lorsque l’auteur présumé a revendiqué son geste sur les réseaux sociaux, affirmant : « j’ai éliminé un noir ». Une phrase que le chercheur qualifie de « glaçante, déshumanisante et insupportable ».
Pour Boubacar Seye, ce crime dépasse le simple fait divers. « Ce n’est pas un incident isolé, mais un cri d’alarme », insiste-t-il, soulignant que « le racisme n’a pas disparu ; il se transforme, se radicalise et s’affiche désormais sans honte », notamment à travers les plateformes numériques.
Au nom de son organisation, engagée dans la défense et l’intégration des migrants, il condamne avec fermeté « la banalisation des discours haineux » qui, selon lui, « finissent par armer les mains et tuer lorsqu’ils ne sont ni combattus ni sanctionnés ».
Interpellant directement les autorités britanniques, il exige que toute la lumière soit faite sur cette affaire et que « son caractère raciste soit reconnu sans ambiguïté », appelant à « une justice exemplaire ». Il pointe également la responsabilité des réseaux sociaux dans la propagation de contenus haineux et violents.
Au-delà des institutions, Boubacar Seye appelle à une prise de conscience collective. « Les mots tuent. Le silence aussi. Et l’inaction rend complice », martèle-t-il, invitant chacun à rejeter « la banalisation de la haine, l’indifférence et la stigmatisation de l’autre ».
Rendant hommage à la victime, il rappelle que « ce jeune de 16 ans avait un visage, un nom, une famille, des rêves ». Pour lui, Baye Birame Fall devient « le symbole tragique d’une jeunesse que le racisme continue de faucher ».
En dernière analyse, Boubacar Seye lance un appel à la mémoire et à l’action. « Face à la haine, nous opposons la dignité. Face à la barbarie, nous opposons la justice. Face à l’oubli, nous choisissons la mémoire et le combat. Plus jamais ça. »
