Dakar, 09 juil (SL-INFO) – Le journaliste Ephrem Yalike vient de voir sa demande d’asile rejetée par l’administration française. Un appel va être déposé aujourd’hui François Mazet.
Son travail a permis fin 2024 de documenter les ressorts de la machine de propagande russe en Centrafrique, entre violence, corruption et diffusion de fausses informations. Mais aujourd’hui, le journaliste Ephrem Yalike craint d’être renvoyé en Centrafrique, là où ses anciens employeurs du groupe Wagner sont très puissants, car sa demande d’asile a été rejetée.
Il s’agit d’« une décision parfaitement incompréhensible » pour la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique, (PPLAAF) qui l’accompagne. La PPLAAF dénonce un « abandon » et le « risque de représailles graves contre son intégrité physique et celle de sa famille », et va saisir ce jeudi 9 juillet la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) pour un recours. En théorie, les recours devant la CNDA sont suspensifs.
Le journaliste était arrivé en France après un long périple via la RDC. Il était censé arrivé avec sa famille à Paris, avec la bienveillance des autorités françaises, en février 2024. Mais lui a été retenu à l’aéroport de Bangui, accusé de trahison. Ses papiers ont été confisqués et ce n’est qu’après une longue route migratoire qu’il était parvenu à retrouver les siens, grâce à un laissez-passer délivré par l’Elysée.
En France, il a participé à l’enquête internationale Propaganda machine de Forbidden stories dont RFI est partenaire, dévoilant la profondeur des manipulations médiatiques du groupe Wagner en Centrafrique, auxquelles il a pris part. Ces révélations ont été relayées par plus de 200 publications dans le monde et ont abouti à des sanctions européennes contre son ancien patron russe, Mikhaïl Prudnikov.
