Dakar, 09 juil (SL-INFO) – L’opposant et chef du PAIGC, Domingos Simoes Pereira, a été entendu ce mercredi 8 juillet par le tribunal militaire supérieur de Bissau. Il est accusé d’implication dans une tentative de coup d’État présumée l’année dernière.
Domingos Simoes Pereira a été entendu ce mercredi après-midi par le tribunal militaire. Le président du PAIGC a été notifié dans la matinée par une ordonnance judiciaire. Le tribunal militaire l’a convoqué dans la journée pour être à nouveau entendu dans cette affaire dans laquelle il est accusé d’avoir participé à une tentative de coup d’État en octobre 2025.
Dans l’ordonnance, les juges rappellent qu’il est accusé d’avoir « financé la préparation logistique à hauteur de 300 millions de Francs CFA (environ 450 000 euros) ». Et d’avoir « organisé, chez lui, des réunions pour préparer les putsch ».
À ce titre, le ministère public demande qu’il soit mis en détention provisoire. Mais au terme de l’audience, Domingos Simoes Pereira a pu rentrer chez lui, dans l’attente d’une décision. Le juge d’instruction a fait savoir que son sort sera connu rapidement « dans les prochaines heures ou les prochains jours ».
À la sortie de l’audience, les avocats du président du PAIGC ont dénoncé le « manque d’impartialité » des magistrats militaires. Ils dénoncent d’ailleurs le fait que l’affaire soit encadrée par la justice militaire, et non civile. Dans un communiqué publié ce mercredi, ses avocats ont aussi dénoncé des pressions sur le juge initialement chargé de l’affaire. Selon eux, il a été contraint de démissionner et remplacé par Mamadu Embaló, qu’ils présentent comme un cousin de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló, dont plusieurs proches occupent aujourd’hui des postes clés dans le pays.
L’opposition dénonce une connivence entre les actuels militaires au pouvoir et l’ancien président. Les résultats provisoires lui étant défavorables, Embaló aurait fomenté le coup d’État, afin de maintenir son camp au pouvoir et d’empêcher l’opposition de l’emporter.
La défense du chef du PAIGC dénonce que « le seul but de cette procédure arbitraire est de condamner [Simões Pereira] pour de nouveau l’empêcher de se présenter aux élections ». Des élections que les militaires putschistes ont fixé au 6 décembre et qui sont censées rendre le pouvoir aux civils.
Pour rappel, Domingos Simões Pereira avait été empêché de participer aux élections de novembre 2025, alors que l’ex-président Umaro Sissoco Embalo était encore au pouvoir. Il avait été emprisonné dans la foulée, au lendemain du coup d’État, par les militaires putschistes. Ceux-là même qui l’accusent aujourd’hui de participation à une tentative de putsch.
