Dakar, 20 Mai (SL-INFO) – Dans un contexte marqué par la raréfaction du poisson et les difficultés d’approvisionnement des marchés sénégalais, l’expert du secteur de la pêche Omar Dramé a apporté des explications sur la décision des autorités d’attribuer quatre licences de pêche à un armateur sénégalais.
Interrogé sur cette mesure par nos confrères de la RFM, Omar Dramé a décrit une situation « extrêmement difficile » concernant l’accès aux produits halieutiques au Sénégal. Selon lui, cette tension sur le marché a conduit le ministère des Pêches à solliciter le CRODT afin d’évaluer les possibilités d’exploitation supplémentaires des ressources.
À l’issue des études réalisées, le centre aurait conclu à « une possible exploitation de près de 3000 tonnes ». Sur cette base, le ministère a adressé une correspondance aux différents armateurs pour recueillir des candidatures en vue de l’exploitation de ce quota.
D’après Omar Dramé, un seul armateur a finalement répondu à l’appel. « Parmi les armateurs, un seul a postulé », a-t-il expliqué, précisant que le dossier a ensuite été examiné par la Commission d’attribution des licences de pêche.
L’expert souligne que cette commission réunit plusieurs structures de l’État, notamment des représentants de la primature, du ministère des Forces armées et du ministère des Pêches. « Tout est transparent », a-t-il insisté, ajoutant que la commission avait rendu un avis favorable suivi par le ministère.
Revenant sur les critiques liées à l’attribution des licences à un seul opérateur, Omar Dramé affirme qu’aucun autre armateur n’avait déposé un dossier de candidature. « Les autres armateurs n’ont pas postulé », a-t-il déclaré.
Pour lui, cette décision s’inscrit dans la politique gouvernementale visant à renforcer l’approvisionnement du marché local. Il estime en effet que l’orientation massive vers l’exportation contribue aux difficultés d’accès des Sénégalais aux produits halieutiques.
« La majeure partie de ces navires sont dans l’exportation, parce que 80 % des produits sont exportés, et cela pose énormément de difficultés pour que les populations sénégalaises puissent accéder à ces produits », a soutenu Omar Dramé.
Concernant l’identité du bénéficiaire des licences, l’expert a simplement indiqué qu’il s’agit « d’un Sénégalais », sans donner plus de précisions sur son identité.
