Saint-Louis, 22 avril (SL-INFO) – Dans le tumulte du monde, entre crises oubliées et conflits qui monopolisent les regards, une voix s’apprête à s’élever. Ce mercredi 22 avril 2026, à 19h, au cœur de Manhattan, devant l’Assemblée générale des Nations Unies, un homme marchera avec, sur ses épaules, bien plus que son propre destin. Macky Sall ne sera pas seul. Avec lui, ce sera toute l’Afrique qui retiendra son souffle.
Face à lui, l’ombre imposante de António Guterres, dont il ambitionne de prendre la relève. Mais derrière lui, il y aura quelque chose de bien plus puissant : des millions de regards, des rêves trop longtemps contenus, des espoirs que l’on n’ose parfois même plus formuler car cette candidature n’est pas qu’une affaire diplomatique elle est une réparation silencieuse.
Elle commence loin des lumières de New York. Elle prend racine à Fatick , dans cette terre sénégalaise où les ambitions naissent souvent dans la discrétion, nourries par le courage et le sacrifice. Elle traverse les bancs de l’école publique sénégalaise cette école que l’on critique parfois trop vite, mais qui, aujourd’hui, peut relever la tête. Oui, de ces salles modestes, de ces tableaux usés, de ces enseignants dévoués, est sorti un homme capable de se tenir devant les 193 nations du monde.
C’est un hommage vibrant, presque sacré, rendu à ces parents, à ces maîtres, à cette école sénégalaise et au-delà, à toute l’école africaine.
Ce soir, quelque part entre Fatick et New York, il y a un enfant qui regarde. Un enfant sans chaussures peut-être. Un enfant que personne ne remarque encore mais dans ses yeux, une étincelle pourrait naître. Parce que si un fils de cette terre peut atteindre de tels sommets, alors plus rien n’est impossible , c’est cela, la force d’un symbole.
Je me souviens de l’Amérique. De ce moment suspendu où Barack Obama franchissait les portes de la Maison-Blanche. Ce jour-là, ce n’était pas seulement une élection. C’était une révolution intime dans chaque foyer noir. Ce n’était pas son programme qui faisait battre les cœurs. C’était l’idée que, désormais, un enfant né dans les quartiers oubliés de Chicago pouvait rêver sans honte.
Ce soir, c’est ce même frisson qui traverse l’Afrique.
Peu importe les divergences politiques. Peu importe les critiques. Il y a des moments qui dépassent les hommes. Des moments où l’histoire exige que l’on se tienne debout, ensemble.
A New York, ce soir, ce ne sera pas simplement un discours. Ce sera un témoignage. Celui d’un continent fatigué d’être mal jugé. Fatigué d’être résumé à ses douleurs, à ses manques, à ses tragédies. Un continent qui veut enfin montrer son autre visage : celui de la compétence, de la dignité, de l’intelligence, de la résilience.
Oui, le monde parle du détroit d’Ormuz, des tensions, des crises… Mais pendant quelques instants, il devra écouter autre chose. Il devra écouter une Afrique qui parle d’avenir.
J’aurais aimé être dans toutes les rues d’Afrique en même temp ,entouré des miens, partager un verre, les yeux rivés sur cet instant. J’aurais aimé sentir battre ce cœur collectif, cette fierté silencieuse mais aujourd’hui même à distance, quelque chose nous relie car ce soir, qu’on le veuille ou non, l’Afrique se regarde dans un miroir et elle ose y croire.
Et peut-être que quelque part, dans une rue poussiéreuse, un enfant lèvera les yeux au ciel et murmurera :
“Pourquoi pas moi ?”
Baba Aïdara ,Journaliste d’investigation .
