Dakar, 06 juil (SL-INFO) – L’UEFA a vivement critiqué la FIFA ce lundi, suite à la décision de l’instance mondiale de suspendre, à titre probatoire pour un an, l’application du match de suspension automatique infligé à l’attaquant américain Folarin Balogun après son carton rouge contre la Bosnie-Herzégovine. Dans un communiqué officiel, l’organisation européenne a affirmé que cette mesure est dénuée de tout fondement juridique dans le règlement du football.
Le football, rappelle l’UEFA dans ce texte, « repose sur des règles », fondements d’une compétition « équitable, honnête et transparente ». Si certaines d’entre elles peuvent prêter à interprétation, « ce n’est pas le cas ici », insiste l’instance, pour qui la suspension automatique d’un match minimum après un carton rouge « n’est pas une option discrétionnaire » et ne requiert « pas la décision d’une instance compétente pour être mise en œuvre ». Un principe inscrit dans le règlement qui « ne saurait faire l’objet d’exceptions », a fortiori en cours de tournoi, alors que « plusieurs autres joueurs se sont trouvés dans la même situation » et ont purgé leur suspension sans problème.
L’UEFA va plus loin en évoquant les conséquences systémiques d’une telle décision sur l’intégrité de la compétition. Lorsque la certitude des règles n’est plus garantie par leurs garants, « l’intégrité du jeu est menacée et la crédibilité de la compétition compromise ». L’instance redoute également un effet de précédent pour la suite du tournoi, où des situations similaires « exigeront désormais un traitement identique », au détriment de la compétition.
Sur le plan réglementaire, la Commission de discipline de la FIFA s’est appuyée sur l’article 27 de son Code disciplinaire, qui autorise l’aménagement de l’exécution de certaines sanctions. Balogun ne purgerait sa suspension que s’il venait à commettre une infraction similaire dans l’année. Un dispositif que la FIFA présente comme non inédit, Cristiano Ronaldo en ayant déjà bénéficié par le passé.
La polémique dépasse toutefois le seul cadre sportif. Selon des sources citées par l’AFP, l’intervention de la FIFA ferait suite à un appel téléphonique du président américain Donald Trump à Gianni Infantino, survenu le jour même du carton rouge. Trump a d’ailleurs salué la décision sur son réseau Truth Social, remerciant la FIFA d’avoir « réparé une grande injustice ».
La Fédération royale belge de football, dont l’équipe nationale affronte ce soir les États-Unis en huitièmes de finale, a exprimé son « étonnement ». Elle a évoqué la possibilité de faire appel, tandis que le sélectionneur des Diables Rouges, Rudi Garcia, a ironisé sur une décision faisant du 5 juillet un « poisson d’avril ». Le sélectionneur norvégien, Ståle Solbakken, a également dénoncé une « très mauvaise décision », s’interrogeant sur le sort des futurs cartons rouges du tournoi.
Du côté américain en revanche, la nouvelle a été accueillie favorablement. Le sélectionneur Mauricio Pochettino a jugé la sanction initiale disproportionnée, tandis que l’attaquant Christian Pulisic a salué un « coup de pouce » pour son équipe.
