Dakar, 09 juil (SL-INFO) – Une rupture amoureuse qui vire au cauchemar. Accusé d’avoir filmé son ex-compagne à son insu, puis d’avoir diffusé des vidéos intimes auprès de ses proches, C. Diop, 57 ans, a comparu devant le Tribunal de grande instance de Mbour pour collecte illicite de données à caractère personnel et chantage. Les débats de cette audience des flagrants délits ont mis en lumière une relation toxique où chacun livre une version radicalement opposée des faits.
À la barre, A. Sarr a raconté avoir vécu un véritable calvaire :« Il a profité du moment où je m’habillais pour me filmer. Ensuite, il m’a fait un chantage émotionnel. »
Elle explique que C. Diop s’était initialement présenté comme un homme désireux de l’aider, lui offrant à plusieurs reprises des billets de 1 000 et 2 000 francs CFA pour la soutenir au quotidien. Cependant, la situation a basculé au moment de la séparation.
« Il a envoyé les vidéos à une voisine du nom de S. Diamé et à la sœur de ma mère. Il me disait tout le temps qu’il allait me détruire », a-t-elle affirmé, précisant que ces enregistrements compromettants étaient devenus un moyen de pression permanent.
### Le prévenu nie et évoque des envois consentis
Face à ces accusations, C. Diop a rejeté toute responsabilité concernant un enregistrement à l’insu de la plaignante. Il a soutenu que c’est A. Sarr qui lui envoyait elle-même des vidéos dénudées au cours de leur idylle.
Le prévenu a également insisté sur l’aspect financier de leur relation pour tenter de décrédibiliser la victime : « Elle m’a appelé à 6 heures du matin pour me dire : « Diop, je rentre mais je n’ai pas de transport. » Je lui ai envoyé 20 000 francs. Elle me devait même 25 000 francs. »
Le procureur de la République n’a pas du tout été convaincu par cette ligne de défense. Rappelant que les deux protagonistes entretenaient une relation sentimentale notoire, il a souligné que le refus de la rupture était l’unique motif des agissements malveillants reprochés au prévenu.
« Vous sortiez ensemble. Elle a mis fin à votre relation pour aller travailler à Dakar. Vous n’avez pas voulu qu’elle parte. Ce que vous avez fait est très grave », a martelé le représentant du ministère public, fustigeant la diffusion ciblée de contenus intimes à l’entourage de la victime pour lui nuire socialement.
Estimant les faits particulièrement caractérisés, le parquet a requis une peine de deux ans d’emprisonnement ferme contre le quinquagénaire. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré et rendra sa décision le 14 juillet 2026.
