Dakar, 28 avril (SL-INFO) – Le débat sur la réforme du Code électoral continue d’alimenter les tensions à l’Assemblée nationale. Le député Guy Marius Sagna a pris position, estimant que les critiques visant une réforme « taillée sur mesure » méritent d’être placées dans une perspective plus large de l’histoire électorale du pays.

Réagissant aux accusations de l’opposition, qui voit dans la proposition de loi n°11/2026 un texte favorable à une candidature d’Ousmane Sonko, le parlementaire reconnaît que la question de l’adaptation des règles électorales à des enjeux politiques a longtemps traversé le système sénégalais. « Le code est taillé sur mesure, mais… », a-t-il lancé, laissant entendre une continuité dans les pratiques institutionnelles.

Un rappel des réformes passées

Dans son intervention, Guy Marius Sagna est revenu sur plusieurs révisions du cadre électoral opérées ces dernières années. Il évoque notamment des changements intervenus sous l’ancien régime, qu’il estime avoir eu des effets directs sur la participation de certaines figures politiques comme Karim Wade et Khalifa Sall.

Selon lui, ces modifications ont contribué à structurer un système où les règles électorales auraient parfois été ajustées en fonction des rapports de force politiques du moment.

Le député dénonce ainsi une tendance récurrente à adapter le Code électoral à des considérations individuelles ou partisanes. Il estime que cette pratique a fragilisé la confiance dans le processus électoral, en donnant l’impression de règles évolutives selon les contextes politiques.

Dans cette logique, il compare indirectement le système à un mécanisme instable, où les normes seraient modifiées en fonction des intérêts du pouvoir en place.

Une volonté de « tourner la page »

Pour Guy Marius Sagna, la réforme en cours doit être comprise comme une tentative de rupture avec ces pratiques passées. Il appelle les uns et les autres à dépasser les clivages liés aux anciennes configurations politiques et à recentrer le débat sur la transparence et l’équité du processus électoral.

Sans nier les polémiques, il estime que l’enjeu actuel est de construire un cadre plus stable, garantissant des élections qu’il qualifie de « vraies compétitions démocratiques » et non de simples ajustements institutionnels.

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