Dakar, 29 avril (SL-INFO) – « Le Sénégal assiste aujourd’hui à une mise à mort programmée de ses acquis démocratiques. Face à la dérive autoritaire du régime actuel, le silence est une complicité. » Telle est la conviction de l’ancienne députée Maïmouna Sène, membre du secrétariat exécutif national de l’Alliance Pour la République (APR).
Dans une déclaration intitulée : « La République ne peut être le terrain de jeux d’un seul camp », elle dit avoir décidé, en sa qualité d’ancienne parlementaire, dépositaire d’une part de la mémoire législative de son pays, de rompre le silence pour dénoncer « une imposture qui ne dit pas son nom. »
Le hold-up législatif
Selon Mme Sène, « le gouvernement actuel tente de faire passer pour une « réforme » ce qui n’est en réalité qu’un règlement de comptes avec l’État de droit. » Le « comité de relecture », dit-elle, n’est qu’une « officine partisane » travaillant sous la dictée exclusive de PASTEF. Elle pense qu’en excluant l’opposition du processus de rédaction, ce régime piétine le principe sacré de la contradiction législative.
Le Code électoral : un costume sur mesure
« Nous ne laisserons pas le Code électoral devenir le jouet d’une ambition personnelle. Les modifications ciblées des articles L29 et L30 constituent une agression directe contre l’impartialité de la loi », s’offusque l’ancienne élue du peuple. Elle dénonce cette « tentative de transformer l’Assemblée nationale en une chambre d’enregistrement au service d’un « Client » politique, au mépris de la chose jugée et de l’éthique républicaine. »
La rencontre du 30 avril : une mascarade
Mme Sène de poursuivre : « l’invitation du ministre de l’Intérieur pour le 30 avril 2026 est une insulte à l’intelligence des Sénégalais. On ne dialogue pas avec un pistolet sur la tempe ou devant le fait accompli. Participer à cette rencontre, c’est accepter de jouer les figurants dans une pièce de théâtre dont la fin est déjà écrite par la « majorité mécanique » de l’Assemblée. » Elle appelle à la mobilisation générale des forces de l’opposition pour « une riposte politique et citoyenne à la hauteur de cette agression ».
L’ancienne députée conclut en mettant en garde le pouvoir en place : « L’arrogance d’une majorité numérique ne remplacera jamais la légitimité du consensus national. La République n’est pas un butin de guerre. Elle est notre bien commun. Nous ne laisserons personne, au nom d’un populisme de circonstance, démanteler l’édifice que des générations de patriotes ont construit. Honneur à la République, non à l’arbitraire ! »Par Cheikh CAMARA (Correspondant à Thiès)
